Résumé et Analyse : Chapitres 7, 8 et 9
Chapitre 7 : L'Apogée de la Fête
L'Ambiance Sonore et Visuelle
Le jour de l'Achoura est enfin là. La maison de Dar Chouafa résonne des sons des bendirs (tambours sur cadre) et des taârijas (petites poteries avec peau). Les femmes, toutes équipées de tambourins, chantent, et l'atmosphère vibre d'énergie.
Sidi Mohammed est fasciné par ses nouveaux jouets achetés au souk : un tambour en terre cuite, un chariot en bois, et bien sûr sa trompette en fer-blanc dont le son est pourtant décrit comme un « cri d'alarme » ou un « sanglot d'agonisant ». Le matin de la fête, il se régale d'un petit-déjeuner spécial : des galettes friables au beurre et au miel.
Chapitre 8 : Les Bijoux Maudits
L'Été et le Souk
Après la fête, la chaleur de l'été s'installe, amenant avec elle les mouches. Le calme est rompu lorsque Maâlem Abdeslam décide d'acheter des bijoux à sa femme. Ils se rendent au souk des bijoutiers, un lieu décrit comme une fourmilière humaine étouffante.
La Dispute Sanglante
Le père jette son dévolu sur une paire de bracelets « Soleil et Lune » (or et argent). Mais la transaction tourne mal à cause d'un courtier (dellal) sournois. Une bagarre d'une violence inouïe éclate :
- Le père, accusant le courtier de malhonnêteté, l'empoigne au collet.
- Le père perd son turban dans la lutte titanesque.
- Le courtier a de l'écume aux lèvres et une tache de sang sur la joue.
Sidi Mohammed, terrorisé, voit sa mère pleurer et maudire le courtier, invoquant tous les saints pour son châtiment. Bien que le père revienne finalement avec les bracelets, Lalla Zoubida refuse catégoriquement de les porter. Elle est persuadée qu'ils sont porteurs de malheur (« Ils sont trempés dans le sang ! ») et les range dans sa boîte à coffre, comme on enterre un cadavre.
Chapitre 9 : La Ruine et la Séparation
La Chute
La superstition de la mère semble se confirmer. Quelques jours plus tard, Maâlem Abdeslam rentre, le visage défait. Il prononce cette phrase terrible qui scelle le destin de la famille :
« J'ai perdu dans la cohue des enchères aux haïks tout notre maigre capital. »
Il ne s'agit pas d'un vol, mais d'une perte accidentelle dans la foule. C'est la ruine. Ils n'ont plus d'argent pour acheter la matière première (la laine) nécessaire au travail du père.
L'Exil du Père
Avec une dignité exemplaire, le père refuse de s'endetter. Il décide de vendre les bracelets « maudits » et de partir travailler la terre. Il devient moissonneur dans les environs de Fès.
Le jour de son départ est un jour de deuil. La maison devient silencieuse, froide. Sidi Mohammed perd son repère. Même sa Boîte à Merveilles lui semble morte. Pour tenter de trouver une issue à ce désespoir, Lalla Zoubida et Lalla Aïcha décident de consulter Sidi El Arrafi, un voyant aveugle, espérant une lueur d'espoir dans cette obscurité.