Sciences économiques – Introduction à la fiscalité marocaine
L’impôt général sur le revenu (IGR) et l’impôt sur les sociétés (IS)
Dans un système fiscal moderne, l’État prélève des impôts sur les revenus des personnes physiques et sur les bénéfices des entreprises. Au Maroc, on distingue notamment l’Impôt Général sur le Revenu (IGR), qui concerne les personnes physiques, et l’Impôt sur les Sociétés (IS), qui frappe le bénéfice des sociétés. Ce chapitre présente leurs principes généraux, leurs bases imposables, leurs différences et leur rôle économique, sans entrer dans les détails techniques du Code général des impôts (non exigés au niveau Bac).
Attention : au niveau Bac, on retient surtout la logique et le vocabulaire fiscal : personnes imposables, revenus concernés, principe de progressivité de l’IGR, principe de proportionnalité de l’IS, rôle de ces impôts dans la redistribution et le financement des dépenses publiques.
Rôle des impôts sur le revenu et le bénéfice
- Impôts directs : prélevés directement sur le revenu ou le patrimoine (ex. IGR, IS, impôts fonciers).
- Impôts indirects : prélevés sur la consommation (ex. TVA, droits de douane).
- L’IGR et l’IS sont donc des impôts directs.
- Assurer une contribution de chacun selon sa capacité contributive.
- Réduire certaines inégalités par la progressivité de l’IGR.
- Faire participer les entreprises au financement collectif via l’IS.
L’Impôt Général sur le Revenu (IGR) : définition et champ d’application
- Personnes physiques résidant sur le territoire et percevant des revenus réguliers.
- Certains revenus perçus par des non-résidents de source nationale.
- Revenus salariaux (salaires, traitements, pensions…).
- Revenus professionnels (activités commerciales, industrielles, artisanales, libérales…).
- Revenus fonciers (location de biens immobiliers).
- Revenus de capitaux mobiliers (intérêts, dividendes) selon les règles en vigueur.
Mécanisme général de l’IGR : revenu imposable et barème
- On détermine le revenu global imposable du contribuable sur une année.
- On applique un barème progressif : plus le revenu est élevé, plus le taux marginal d’imposition est important.
- Des déductions et abattements existent (charges de famille, cotisations, etc.), mais le Bac ne demande pas leur calcul détaillé.
- Le taux d’imposition augmente par tranches de revenus.
- Objectif : renforcer la justice fiscale en faisant contribuer davantage les revenus élevés.
- Permet un certain niveau de redistribution en faveur des revenus modestes.
- Retenue à la source : pour les salariés, l’impôt est prélevé directement sur le salaire.
- Déclaration : pour certains revenus professionnels, fonciers, etc.
- L’administration fiscale consolide ces données pour calculer l’IGR dû annuellement.
Effets économiques et sociaux de l’IGR
- Financement des dépenses publiques (éducation, santé, infrastructures…).
- Contribution à la redistribution du revenu grâce à la progressivité.
- Possibilité de favoriser certains comportements (épargne, investissement, etc.) via des déductions ciblées.
- Peut réduire l’incitation au travail ou à déclarer les revenus si les taux sont perçus comme trop élevés.
- Risque de fraude fiscale et de développement de l’économie informelle.
- Complexité administrative pour certains contribuables.
L’Impôt sur les Sociétés (IS) : définition et champ d’application
- En général, les sociétés dotées de la personnalité morale : sociétés anonymes, sociétés à responsabilité limitée, etc.
- Certaines entreprises individuelles ou formes juridiques peuvent être imposées à l’IS selon le choix ou la loi.
- On part du résultat comptable (bénéfice ou perte) de l’entreprise.
- On effectue des corrections fiscales (réintégrations, déductions) pour obtenir le résultat fiscal imposable.
- On applique ensuite le taux d’IS pour calculer l’impôt dû.
Mécanisme général de l’IS : résultat fiscal et taux
- Résultat comptable de la société (profit ou perte) : calculé selon les règles de la comptabilité.
- Ajustements fiscaux : certaines charges ne sont pas déductibles ; certains produits sont exonérés.
- On obtient un résultat fiscal imposable.
- On applique un taux d’IS (parfois différencié selon la taille ou le secteur).
- Dans beaucoup de systèmes, l’IS est plutôt un impôt à taux proportionnel (même taux pour tout le bénéfice, avec éventuelles nuances).
- Contrairement à l’IGR, il n’est pas toujours fortement progressif par tranches.
- Un IS trop élevé peut décourager l’investissement et la création d’entreprises.
- Des incitations fiscales (taux réduits, exonérations temporaires) peuvent encourager certains secteurs (export, zones industrielles, etc.).
Comparaison entre IGR et IS
| Critère | IGR | IS |
|---|---|---|
| Nature de l’impôt | Impôt direct sur le revenu des personnes physiques. | Impôt direct sur le bénéfice des sociétés. |
| Contribuable | Individu (salarié, commerçant, professionnel, propriétaire foncier, etc.). | Personne morale (société) soumise à l’IS. |
| Base imposable | Revenu global annuel après déductions et abattements. | Bénéfice net après corrections fiscales. |
| Structure du taux | En principe progressif par tranches de revenu. | Souvent proportionnel (un ou plusieurs taux selon la loi). |
| Rôle principal | Redistribution et justice fiscale entre individus. | Participation des entreprises au financement des dépenses publiques. |
Rôle macroéconomique de l’IGR et de l’IS
- Sources importantes de recettes fiscales pour l’État.
- Permettent de financer les services publics et les investissements collectifs.
- Contribuent à la stabilité budgétaire si l’assiette est large et la gestion efficace.
- L’IGR progressif peut corriger certaines inégalités de revenus.
- L’IS permet à l’État de faire participer les entreprises au financement des dépenses publiques.
- Des taux et incitations bien conçus peuvent encourager l’investissement productif, l’emploi et le développement régional.
- Des taux trop élevés peuvent pousser à la fraude et à l’évasion fiscale.
- Ils peuvent décourager la création d’entreprises ou la formalisation de l’activité.
- À l’inverse, des taux trop faibles peuvent fragiliser le financement des services publics.
Exercices (12) — IGR et IS
Exercice 1 — IGR ou IS ?
Indiquer quel impôt (IGR ou IS) concerne principalement chaque situation :
- (a) Un salarié qui perçoit un salaire mensuel.
- (b) Une société anonyme qui réalise un bénéfice important.
- (c) Un propriétaire qui loue un appartement à un ménage.
Exercice 2 — Impôt direct / indirect
a) Rappeler la différence entre impôt direct et impôt indirect. b) Classer IGR et IS dans l’une de ces catégories et justifier en quelques lignes.
Exercice 3 — Revenu global imposable (vue simple)
Un contribuable perçoit pendant une année : – 90 000 DH de salaires, – 30 000 DH de revenus fonciers, – 10 000 DH de revenus professionnels. a) Donner le total de ses revenus encaissés. b) Expliquer en 4–5 lignes pourquoi ce total n’est pas toujours égal au revenu global imposable retenu pour l’IGR.
Exercice 4 — Progressivité de l’IGR
Expliquer en 6–8 lignes ce que signifie la progressivité de l’IGR et pourquoi elle est souvent présentée comme un instrument de justice fiscale.
Exercice 5 — Résultat comptable et résultat fiscal (IS)
a) Définir brièvement le résultat comptable d’une société. b) Expliquer pourquoi ce résultat doit être ajusté pour obtenir le résultat fiscal imposable.
Exercice 6 — Calcul simple de l’IS (taux donné)
Une société réalise un bénéfice fiscal imposable de 500 000 DH. On suppose (pour l’exercice) un taux d’IS unique de 30 %. a) Calculer le montant de l’IS dû. b) Donner le bénéfice net après IS.
Exercice 7 — Tableau comparatif IGR / IS
Compléter le tableau suivant en quelques mots (sans chiffres) pour chaque critère :
- Contribuable visé
- Type de revenus/bénéfices taxés
- Structure du taux (progressif ou proportionnel)
Exercice 8 — IS et décisions d’investissement
Expliquer en 6–8 lignes comment le niveau de l’IS peut influencer les décisions d’investissement des entreprises.
Exercice 9 — Justice fiscale et IGR
Un élève affirme : “Il serait plus simple d’appliquer un taux unique d’impôt sur tous les revenus au lieu d’un barème par tranches.” Discuter cette affirmation en 8–10 lignes, en vous appuyant sur la notion de justice fiscale.
Exercice 10 — Impact d’une baisse d’IS sur l’économie
Un gouvernement envisage de réduire le taux d’IS pour encourager les entreprises à investir. Indiquer deux effets positifs attendus et deux risques possibles de cette mesure.
Exercice 11 — Étude de cas simplifiée
Une société réalise un bénéfice fiscal imposable de 800 000 DH. Le taux d’IS applicable (pour l’exercice) est de 25 %. a) Calculer l’IS dû. b) Si cette société décide de distribuer la moitié de son bénéfice net après IS en dividendes, quel montant sera distribué ? (on ne tient pas compte d’une fiscalité supplémentaire sur les dividendes).
Exercice 12 — Rédaction de synthèse : IGR et IS
En 10–12 lignes, rédiger un paragraphe présentant le rôle complémentaire de l’IGR et de l’IS dans un système fiscal moderne.
Synthèse — IGR et IS
- IGR : impôt direct sur le revenu global des personnes physiques, avec barème en principe progressif.
- IS : impôt direct sur le bénéfice net des sociétés, souvent à taux proportionnel.
- Les deux financent les dépenses publiques et participent à la redistribution et à la régulation de l’économie.
- Confondre IGR et IS dans les questions de cours ou d’examen.
- Oublier que l’IGR est lié au revenu des personnes alors que l’IS est lié au bénéfice des entreprises.
- Réduire la réflexion à de simples calculs, sans discuter la justice fiscale et les effets économiques.