Économie générale et Statistiques – 2ème Bac
Les dysfonctionnements du marché : le chômage

Durée indicative : 4–6 heures (cours + exercices) Prérequis : Le marché et La régulation par le marché Objectifs : comprendre le chômage, ses mesures, ses types, ses causes et ses effets

Le fonctionnement normal du marché du travail suppose une rencontre équilibrée entre l’offre de travail (les individus qui cherchent un emploi) et la demande de travail (les entreprises qui recrutent). Lorsque cette rencontre ne se réalise pas, apparaît un dysfonctionnement majeur : le chômage.

✔ Au Bac, il faut savoir définir le chômage, expliquer comment on le mesure, distinguer les principales catégories de chômeurs, présenter les causes et conséquences du chômage et évoquer le rôle de l’État face à ce dysfonctionnement du marché du travail.

1. Définitions de base : emploi, chômage, inactivité

Population en âge de travailler. Ensemble des personnes d’un pays ayant l’âge légal pour travailler (par exemple 15 ans et plus), qu’elles travaillent ou non.
Population active et inactive
  • Population active : personnes en âge de travailler qui
    • occupent un emploi, ou
    • recherchent activement un emploi et sont disponibles pour travailler.
  • Population inactive : personnes en âge de travailler qui ne sont ni occupées ni en recherche active d’emploi (étudiants, retraités, certaines personnes au foyer…).
Définition du chômage (au sens courant)
  • Situation d’une personne sans emploi qui souhaite travailler, est disponible et recherche activement un emploi.
  • Le chômeur appartient à la population active (il n’est pas inactif).
  • Ne pas confondre chômage et inactivité (étudiants, retraités…).
Au Bac, il est important de passer par le schéma logique : population en âge de travailler → active / inactive → occupés / chômeurs.

2. Mesure du chômage : taux de chômage et taux d’activité

Taux de chômage. Indicateur qui mesure la part des chômeurs dans la population active.
Formules essentielles
  • Taux de chômage = (Nombre de chômeurs / Population active) × 100
  • Population active = Nombre de personnes occupées + Nombre de chômeurs
  • Taux d’activité = (Population active / Population en âge de travailler) × 100
Exemple chiffré simplifié
  • Population en âge de travailler : 1 000 personnes.
  • Occupés : 700 personnes.
  • Chômeurs : 100 personnes.
  • Population active = 700 + 100 = 800 personnes.
  • Taux de chômage = 100 / 800 × 100 = 12,5 %.
  • Taux d’activité = 800 / 1 000 × 100 = 80 %.
IndicateurFormuleInterprétation
Taux de chômage Chômeurs / Population active × 100 Part des actifs sans emploi
Taux d’activité Population active / Population en âge de travailler × 100 Part de la population qui participe au marché du travail
Taux d’emploi Occupés / Population en âge de travailler × 100 Part des personnes en âge de travailler qui ont un emploi

3. Principales formes de chômage

On distingue plusieurs formes de chômage selon leur origine et leur durée : frictionnel, structurel, conjoncturel
Chômage frictionnel
  • Lié aux délais d’ajustement entre offre et demande de travail.
  • Ex : période de transition entre deux emplois, jeunes diplômés qui cherchent leur premier poste.
  • Chômage souvent de courte durée, lié à la mobilité normale sur le marché du travail.
Chômage structurel
  • Résulte d’un désajustement durable entre les caractéristiques de l’offre de travail (qualification, localisation…) et les besoins des entreprises.
  • Ex : travailleurs peu qualifiés alors que les entreprises demandent de plus en plus de profils qualifiés.
  • Chômage souvent de longue durée si la formation et la reconversion sont insuffisantes.
Chômage conjoncturel
  • Lié à la conjoncture économique (récession, ralentissement de la croissance).
  • Lorsque la demande globale est insuffisante, les entreprises réduisent leur production et leurs effectifs.
  • Ce type de chômage augmente en période de crise et diminue en période d’expansion.
Autres distinctions (niveau Bac)
  • Chômage saisonnier : lié aux saisons (tourisme, agriculture…).
  • Chômage partiel : réduction temporaire du temps de travail, parfois avec aide de l’État.
  • Chômage des jeunes / des diplômés : catégories souvent plus exposées aux difficultés d’insertion.

4. Causes économiques du chômage

Insuffisance de la demande globale
  • Baisse de la consommation des ménages (pouvoir d’achat limité, incertitude).
  • Réduction de l’investissement des entreprises (faible rentabilité anticipée).
  • Faible demande extérieure (exportations insuffisantes).
  • Les entreprises produisent moins et embauchent moins : chômage conjoncturel.
Causes structurelles
  • Inadéquation entre formation des travailleurs et besoins des entreprises.
  • Mutations technologiques (automatisation, digitalisation…).
  • Rigidités géographiques : emplois disponibles dans certaines régions, mais travailleurs dans d’autres.
  • Problèmes de qualité du système de formation professionnelle.
Autres facteurs
  • Coût du travail jugé élevé par certaines entreprises (charges, salaires…) → limitation des embauches.
  • Manque d’information sur les offres d’emploi disponibles.
  • Règles et institutions (législation du travail) pouvant rendre plus coûteux ou plus risqué le recrutement.

5. Conséquences économiques et sociales du chômage

Conséquences pour les individus
  • Baisse du revenu et du niveau de vie des chômeurs et de leurs familles.
  • Difficulté à satisfaire les besoins de base (logement, santé, éducation…).
  • Perte de confiance, sentiment d’exclusion, risques de marginalisation.
Conséquences pour la société
  • Gaspillage de ressources humaines : des personnes capables de travailler restent inactives.
  • Perte de production pour l’économie (richesse qui aurait pu être créée).
  • Augmentation possible des dépenses publiques (aides sociales, programmes de soutien).
  • Risques de tensions sociales et de mécontentement, notamment chez les jeunes diplômés.
Chômage et inégalités. Le chômage ne touche pas toutes les catégories de la même façon : les jeunes, les travailleurs peu qualifiés ou certaines régions peuvent être plus fortement touchés, ce qui accentue les inégalités sociales et territoriales.

6. Le chômage comme dysfonctionnement du marché du travail

Fonctionnement idéal du marché du travail (théorique). En théorie, si les salaires sont flexibles et que l’information est parfaite, le marché du travail devrait aboutir à un équilibre entre offre et demande de travail (plein emploi).
Pourquoi parle-t-on de dysfonctionnement ?
  • Présence de rigidités (salaires pas assez flexibles, difficultés de licenciement, coûts de recrutement…).
  • Information imparfaite : les entreprises ne connaissent pas tous les candidats, et inversement.
  • Décalages durables entre la nature des emplois offerts et les qualifications disponibles.
  • Résultat : même si certains emplois existent, des personnes restent durablement sans emploi.
Le chômage montre que le marché du travail ne parvient pas à utiliser efficacement toutes les ressources humaines disponibles. C’est un dysfonctionnement qui justifie l’intervention de l’État.

7. Politiques de lutte contre le chômage (idées essentielles)

Politiques de soutien à la demande
  • Politiques budgétaires : augmentation ciblée des dépenses publiques pour stimuler l’activité.
  • Politiques monétaires : adaptation des taux d’intérêt pour encourager l’investissement.
  • Objectif : relancer la production et donc l’emploi en période de faible demande.
Politiques structurelles
  • Améliorer la formation initiale et professionnelle.
  • Soutenir la reconversion des travailleurs vers les secteurs porteurs.
  • Renforcer les services publics de l’emploi (information, orientation, accompagnement).
  • Encourager la création d’entreprises et l’entrepreneuriat.
Autres leviers
  • Politiques ciblées pour les jeunes (stages, contrats d’insertion, alternance…).
  • Mesures pour favoriser la mobilité géographique (infrastructures, logements, transport).
  • Mise en place d’un cadre réglementaire équilibré entre protection des travailleurs et flexibilité pour les entreprises.

8. Illustration simplifiée : chômage des jeunes diplômés

Exemple de dysfonctionnement du marché du travail. Dans de nombreux pays, y compris au Maroc, le chômage des jeunes diplômés est supérieur à la moyenne.
Constat
  • Beaucoup de jeunes ont un diplôme, mais peinent à trouver un emploi correspondant.
  • Certaines filières produisent plus de diplômés que le marché ne peut en absorber.
  • Les entreprises recherchent parfois des compétences pratiques qui ne sont pas assez développées durant la formation.
Pistes de réponse
  • Développement de la formation professionnelle et de l’alternance (école + entreprise).
  • Meilleure orientation scolaire vers les secteurs porteurs.
  • Programmes d’insertion (stages, premiers emplois aidés, accompagnement à la création d’entreprise).

9. Exercices (12) — Dysfonctionnements du marché : le chômage

Exercice 1 — Vocabulaire de base

1) Définir : population en âge de travailler, population active, population inactive. 2) Expliquer la différence entre chômage et inactivité.

1) Population en âge de travailler : ensemble des personnes ayant l’âge légal pour travailler. Population active : personnes qui ont un emploi ou qui recherchent activement un emploi. Population inactive : personnes en âge de travailler qui ne travaillent pas et ne recherchent pas d’emploi (étudiants, retraités, personnes au foyer…). 2) Le chômeur fait partie de la population active (il cherche un emploi), alors que l’inactif ne participe pas au marché du travail (il ne cherche pas d’emploi).
Exercice 2 — Calcul du taux de chômage

Dans une économie fictive, on observe : Population en âge de travailler : 2 000 personnes Occupés : 1 400 personnes Chômeurs : 200 personnes 1) Calculer la population active. 2) Calculer le taux de chômage. 3) Calculer le taux d’activité.

1) Population active = Occupés + Chômeurs = 1 400 + 200 = 1 600 personnes. 2) Taux de chômage = 200 / 1 600 × 100 = 12,5 %. 3) Taux d’activité = 1 600 / 2 000 × 100 = 80 %.
Exercice 3 — Types de chômage

Associez chaque situation à un type de chômage (frictionnel, structurel, conjoncturel, saisonnier) : a) Un jeune diplômé met plusieurs mois à trouver un premier emploi correspondant à son profil. b) Des ouvriers d’une usine sont licenciés après la fermeture de l’entreprise due à une forte baisse des ventes. c) Des travailleurs agricoles sont sans emploi pendant la saison morte. d) Des ouvriers peu qualifiés ne trouvent pas d’emploi car les entreprises demandent des compétences informatiques avancées.

a) Chômage frictionnel (temps d’ajustement pour trouver un emploi). b) Chômage conjoncturel (lié à la baisse de la demande et à la crise). c) Chômage saisonnier (lié au cycle des saisons). d) Chômage structurel (inadéquation entre qualifications offertes et demandées).
Exercice 4 — Vrai / Faux motivé

(a) Tout étudiant est un chômeur. (b) Un actif occupé fait partie de la population active. (c) L’augmentation du taux de chômage signifie toujours que le nombre de chômeurs a augmenté.

(a) Faux : un étudiant qui ne cherche pas d’emploi est inactif, pas chômeur. (b) Vrai : un actif occupé appartient à la population active (c’est la partie « occupée »). (c) Faux : le taux de chômage dépend du rapport chômeurs / population active. Il peut parfois augmenter même si le nombre de chômeurs reste stable, par exemple si la population active diminue.
Exercice 5 — Chômage structurel

Expliquer, en 6–8 lignes, pourquoi un pays qui n’adapte pas son système éducatif et de formation aux besoins des entreprises risque de connaître un chômage structurel élevé.

Si le système éducatif forme surtout à des filières peu demandées par les entreprises, il crée un désajustement durable entre l’offre et la demande de travail. Les diplômés n’ont pas les compétences recherchées (par exemple manque de compétences techniques ou numériques), alors que certaines entreprises ont du mal à recruter. Les emplois disponibles restent vacants tandis que des personnes qualifiées dans d’autres domaines restent sans emploi. Ce décalage persistant entre qualifications disponibles et besoins économiques provoque un chômage structurel élevé.
Exercice 6 — Conséquences sociales

Citer au moins trois conséquences sociales du chômage pour les individus et la société.

Pour les individus : baisse du revenu et du niveau de vie, difficultés à satisfaire les besoins de base, perte de confiance en soi. Pour la société : gaspillage de ressources humaines, augmentation possible des inégalités, tensions sociales et sentiment de frustration, en particulier chez les jeunes.
Exercice 7 — Chômage et inégalités

En quelques lignes, expliquez pourquoi le chômage touche souvent davantage les jeunes et les travailleurs peu qualifiés.

Les jeunes manquent d’expérience professionnelle, ce qui les rend moins attractifs pour les employeurs. Les entreprises peuvent préférer des travailleurs déjà formés. Les travailleurs peu qualifiés sont plus exposés aux pertes d’emploi lors des changements technologiques ou de la concurrence internationale, car leurs tâches sont plus facilement automatisables ou délocalisables. Ils ont souvent moins accès à la formation continue, ce qui rend difficile leur reconversion vers des secteurs porteurs. Le chômage accentue ainsi les inégalités entre catégories de population.
Exercice 8 — Chômage conjoncturel

Une crise économique internationale provoque une baisse de la demande de produits exportés par un pays. Expliquer comment cette situation peut créer du chômage conjoncturel.

La crise internationale réduit la demande extérieure adressée au pays (moins d’exportations). Les entreprises qui produisent pour l’export voient leurs commandes diminuer. Elles réduisent alors leur production et peuvent licencier une partie de leurs salariés. Le chômage augmente en raison du ralentissement conjoncturel de l’activité. Quand la conjoncture s’améliore, la demande extérieure peut remonter et le chômage conjoncturel diminuer.
Exercice 9 — Politiques de l’emploi

Citer deux exemples de mesures publiques qui visent à faciliter l’insertion professionnelle des jeunes.

Exemples possibles : • Développement de la formation professionnelle et de l’alternance (école + entreprise). • Programmes de stages encadrés et reconnus comme expérience professionnelle. • Aides ou incitations aux entreprises qui recrutent des jeunes (réduction de charges, contrats d’insertion). • Dispositifs d’accompagnement à la création d’entreprise pour les jeunes porteurs de projet.
Exercice 10 — Lecture d’un tableau

On observe les données suivantes (en %) : • Taux de chômage global : 9 % • Taux de chômage des jeunes (15–24 ans) : 23 % 1) Comment interpréter ces deux chiffres ? 2) Que révèlent-ils sur la situation des jeunes sur le marché du travail ?

1) Sur l’ensemble de la population active, 9 % des personnes n’ont pas d’emploi tout en en cherchant un. Parmi les jeunes actifs de 15–24 ans, 23 % sont au chômage. 2) Ces chiffres montrent que les jeunes sont beaucoup plus exposés au chômage que la moyenne de la population active. Ils rencontrent davantage de difficultés d’insertion sur le marché du travail (manque d’expérience, inadéquation des formations, nombre limité de postes d’entrée…).
Exercice 11 — Dysfonctionnement du marché du travail

Rédiger en 8–10 lignes un texte montrant en quoi le chômage est un dysfonctionnement du marché du travail.

Le chômage apparaît lorsque l’offre et la demande de travail ne se rencontrent pas correctement. En théorie, si le marché du travail fonctionnait parfaitement, tout individu qui accepte le salaire d’équilibre devrait trouver un emploi. En réalité, de nombreuses personnes restent sans emploi alors qu’elles souhaitent travailler. On parle alors de dysfonctionnement du marché du travail. Les causes peuvent être conjoncturelles (faible demande globale), structurelles (inadéquation des qualifications), ou liées à des rigidités institutionnelles. Ce dysfonctionnement a des conséquences économiques (perte de production) et sociales (pauvreté, inégalités). Il justifie l’intervention de l’État pour améliorer le fonctionnement du marché et favoriser l’emploi.
Exercice 12 — Rédaction de synthèse

En 10–12 lignes, montrer que la lutte contre le chômage nécessite à la fois des politiques conjoncturelles (à court terme) et des politiques structurelles (à long terme).

Exemple de rédaction : Le chômage peut avoir une origine conjoncturelle ou structurelle. En période de crise, la demande globale est insuffisante : les entreprises vendent moins, produisent moins et réduisent leurs effectifs. Pour répondre à ce chômage conjoncturel, l’État peut utiliser des politiques de soutien à la demande (dépenses publiques, politique monétaire adaptée) afin de relancer la production et l’emploi. Toutefois, certaines causes du chômage sont structurelles : inadéquation des formations, mutations technologiques, rigidités du marché du travail. Il faut alors des politiques de plus long terme : amélioration de la formation, reconversion des travailleurs, développement de l’entrepreneuriat, renforcement des services de l’emploi. La lutte contre le chômage nécessite donc de combiner des mesures à court terme et des réformes structurelles pour agir durablement sur les causes profondes.

10. Synthèse — Points essentiels & erreurs à éviter

Mémo pour le Bac
  • Le chômage concerne les personnes actives sans emploi qui en cherchent un.
  • Le taux de chômage mesure la part des chômeurs dans la population active.
  • On distingue chômage frictionnel, structurel, conjoncturel, etc.
  • Le chômage a des conséquences économiques (perte de production) et sociales (pauvreté, inégalités).
  • Il traduit un dysfonctionnement du marché du travail et justifie l’action de l’État.
Pièges à éviter
  • Confondre chômage et inactivité.
  • Penser que tous les chômeurs ont les mêmes causes de chômage.
  • Oublier la différence entre chômage conjoncturel et structurel.
  • Ne pas faire le lien entre chômage et dysfonctionnement du marché du travail.